Dans la lutte contre la maladie à virus Ebola, il y a un moment particulièrement douloureux et à haut risque : l’enterrement. Savez-vous que le corps d’une personne décédée d’Ebola reste extrêmement contagieux ?
Aujourd’hui, nous parlons de l’Enterrement Digne et Sécurisé, qu’on appelle EDS. C’est la seule méthode qui permet à la fois de respecter le défunt et de protéger sa famille.
1. Pourquoi c’est si dangereux ?
Contrairement à ce que beaucoup pensent, le virus ne meurt pas avec la personne. Au contraire, sa charge virale est très élevée dans le corps, le sang et les liquides après le décès. Un simple toucher, laver le corps ou l’embrasser pour un dernier au revoir peut contaminer toute une famille et relancer une chaîne de contamination.
C’est pourquoi le Ministère de la Santé interdit formellement les enterrements traditionnels pour les cas suspects ou confirmés d’Ebola.
2. Alors, c’est quoi un EDS ? Ce n’est pas jeter le corps.
C’est là qu’il faut bien comprendre. L’Enterrement Digne et Sécurisé n’est pas un manque de respect. C’est un enterrement fait par une équipe formée et protégée, mais en présence et avec l’accord de la famille.
Voici comment ça se passe :
Premièrement, l’équipe arrive avec des équipements de protection. Elle désinfecte tout.
Deuxièmement, la famille est associée. Elle peut voir de loin, prier, choisir le lieu d’inhumation au cimetière. Si la famille le souhaite, un chef religieux de son choix peut faire la prière.
Troisièmement, le défunt est placé dans une housse imperméable, puis dans un cercueil désinfecté, sans avoir été lavé par la famille. Ses effets personnels ne sont pas rendus.
Enfin, l’équipe creuse la tombe, procède à l’inhumation dignement et désinfecte tout le matériel.
Tout se fait en moins de quelques heures pour éviter toute souffrance supplémentaire à la famille.
3. C’est un acte d’amour.
Chers parents, accepter l’EDS, ce n’est pas abandonner votre proche. C’est au contraire le dernier acte d’amour que vous pouvez poser pour lui, pour vous, et pour tout le village. C’est lui offrir un repos en paix, tout en empêchant que la maladie ne tue d’autres personnes après lui.
Si vous avez perdu un proche avec des signes d’Ebola : fièvre, diarrhée, saignement, ne touchez pas le corps. Appelez immédiatement le 101 ou alertez l’équipe de surveillance la plus proche. Ne lavez pas le corps.
Protéger les vivants, c’est aussi honorer les morts.
Une production du CORACOPI avec l’appui financier de la confédération Suisse, à travers la Direction du développement et de la coopération, DDC, en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique de la RDC.
Héritier MOGA SODO.












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